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Les origines du domaine se perdent dans l’opacité de la nuit des temps. Le nom de Seumay apparaît pour la première fois dans les écrits en 1097.

Le domaine de Seumay appartenait à la famille des Wavre. Siger de Wavre céda le domaine de Somania à l’abbaye d’Heylissem.

Cette donation est approuvée par henry de Leez, évêque de Liège dans une charte datée de 1154. Les années suivantes, le domaine s’agrandit encore par plusieurs donations.

 

Les norbertines à Seumay 

En 1142, l’abbaye d’Heylissem décide la séparation des moines et des moniales. Celles-ci quittèrent Heylissem et s’installèrent à Seumay vers l’an 1200. Seumay devint donc le couvent des moniales norbertines.

Les moniales restèrent à Seumay jusqu’à la fin du XIII° siècle, puis quittèrent les lieux pour aller fonder un nouveau monastère en Allemagne, près de Cologne.

 

Seumay, ferme de l’abbaye d’Hélécine 

Les moines, à leur tour, assurèrent la gestion du domaine. Les prémontrés (les prémontrés sont des chanoines réguliers fondés par saint Norbert au début du XII° siècle) veillaient au bien spirituel de la région et y assuraient les offices religieux.

On constate que la grange de Seumay joue un rôle de grenier par où transitent les grains et dîmes, qui, par la suite, iront approvisionner l’abbaye d’Heylissem.

 

La cour échevinale de Seumay 

La cour échevinale de Seumay avait, entre autres, pour rôle d’officialiser et de sceller des actes servant de preuves d’achat ou de vente. En quelque sorte, cette cour jouait un rôle notarial. C’est le 13 avril 1363 que l’on trouve une première mention des maire et échevins de l’abbaye d’Heylissem à Seumay (archives de l’abbaye de la Ramée à Jauchelette).

 

XVII° siècle 

En 1609, le corps de logis principal, qui était en ruine, fut rebâti en briques ; ce qui laisse supposer que la demeure antérieure devait être en torchis et recouverte de chaume ; il va de soi que ces constructions en matériaux fragiles étaient facilement la proie des incendies, volontaires ou pas.

On peut imaginer qu’à cette époque des douves entouraient les bâtiments.

La riche abbaye de Heylissem possédait presque la totalité de la dîme dans la localité et des champs très étendus.

Vers 1630, les passages des « Lorrains » anéantissent tous les efforts de reconstruction. Ceux-ci s’attaquent particulièrement aux fermes qu’ils pillent et brûlent sans vergogne ne laissant qu’un souvenir amer.

Il fallut à nouveau rebâtir et c’est probablement à cette époque que fut supprimé le porche de l’entrée principale qui portait, on peut le supposer, les armes de l’abbaye d’Heylissem. Une autre ouverture située dans l’angle opposé, près de la grange fit cette fois office d’entrée principale et est restée depuis telle quelle que nous pouvons encore admirer de nos jours.

On ne sait à quelle époque les moines cessèrent d’exploiter eux-mêmes la ferme, mais bientôt on relève le nom de fermiers locataires.

En 1789, on retrouve l’existence de la brasserie de Seumay qui produisait une bière très appréciée.

 

Le moulin de Seumay :

Le moulin de Seumay est déjà mentionné en l’an 1152.

« Le moulin de Seumay, véritable joyau enchâssé dans un écrin de verdure…. Le chemin empierré qui y conduisait était bordé des deux côtés d’arbres séculaires, dont le feuillage se rejoignait. Ce moulin était très important et il y avait une grande cour, face aux bâtiments en carré. Une source coulait dans un grand bas en pierre bleue. Il n’y a pas tellement longtemps, on pouvait encore vois les ruines de ce témoin de notre passé. » (François Berwart, Petite Histoire de Perwez), notes dactylographiées.

 

Après ce tableau idyllique, les temps changèrent, vinrent les ruines, puis les immondices… En effet, l’abandon et la dénivellation du terrain incitèrent la Commune de Perwez à y déposer les immondices pendant des années !

 

La chapelle :

La messe hebdomadaire fut régulièrement célébrée jusqu’en 1831.On peut encore actuellement voir une croix en fer forgé qui indique l’endroit où se situait la chapelle et les portes qui en permettaient l’accès sont toujours visibles.

Le doyen Heynen signale en 1901 que l’autel dont on a fait l’armoire de la sacristie de l’église de Perwez provient de la chapelle de Seumay, ainsi que le tableau représentant la naissance du Sauveur, qui lui fut offerte et qu’il légua à l’église de Perwez.

 

Le XIX° siècle :

Vers 1830, le bois de Seumay fût défriché. Une barrière de péage fut établie près de l’ancien bois de Seumay et, à cet endroit, on percevait les droits d’entrée dans la commune. Cette barrière était toujours en activité en 1865.

En 1842, la ferme était devenue propriété du comte Werner de Merode et de son épouse Louise-Victoire. En 1862, Seumay passe, par héritage, entre les mains de leur fille, la comtesse Marie-Ghislaine de Merode, qui reçut également la ferme de Jausselette. Cette dernière épouse le duc Antoine-François d’Arenberg ; et c’est ainsi que la cense devint, par la suite, propriété des d’Aremberg.

Les limites de leurs propriétés furent redéfinies et c’est de cette époque que datent les bornes marquées A.M., que Louis Debras (le grand-père de Raphaël) a redécouvertes et qui ornent aujourd’hui l’entrée du porche.

Le corps de logis fut rehaussé en 1851. Cette opération se serait déroulée en hissant les charpentes d’une seule pièce sans la moindre démolition, un exploit pour l’époque !

Dès 1932, la ferme fut exploitée par les Lavoix et leurs enfants : Joseph, Georges et Simone (la grand-mère de Raphaël). Une centaine d’hectares y étaient affectés.

 

De nos jours,

la ferme est exploitée par Raphaël et Etienne, son papa.

La ferme a, bien sûr, subi quelques changements dans ses différentes fonctions, mais les bâtiments sont restés quasiment inchangés. On peut encore admirer l’ancien pédiluve qui permettait de rafraîchir les attelages de chevaux.

Les bâtiments actuels de la ferme construite en carré datent du XVIII° siècle.

L’entrée principale de ce grand quadrilatère a disparu et se fait de nos jours par un porche avec arcade en pierres de Gobertange et soubassement de quartz. A droite de l’entrée, une grange majestueuse aux allures de « cathédrale » occupe un espace aux volumes imposants. La grange témoigne de l’importance que revêtait l’exploitation au XIX° siècle et antérieurement. Elle mesure 45 mètres de long sur 15 mètres de large et atteint 20 mètres en hauteur (le toit fut relevé au siècle dernier). La dernière réparation du toit a eu lieu en 1987.

A remarquer la façade-arrière du logis, visible à l’arrivée quand on vient de chez Godechoul, avec ses fenêtres à linteau bombée, d’où ressort une clé centrale et percée d’une porte en plein cintre, d’une homogénéité parfaite.

Les portes des écuries sont toutes soulignée par des encadrements en pierre bleue avec clés saillantes rappelant le style de Laurent-Benoît Dewez, restaurateur de l’abbaye d’Hélécine, la maison-mère. Il subsiste, situé quelques mètres à l’écart de la maison (probablement pour éviter les incendies) un fournil où jadis les moines cuisaient leur pains.

 

Résumé de l’article écrit par Louis Debras

et son ami Jules Wilmet dans le bulletin

du cercle historique « Le Souvenir Perwézien »

(n° 57, 58, 59, 60 et 61).

Valérie Saint Georges le 24 mai 2007

 

 

Louis Debras

Membre fondateur du cercle historique « Le Souvenir Perwézien », Louis Debras était pour beaucoup, une référence, une personne de ressource, car il connaissait mieux que quiconque le patrimoine agricole perwézien.

Ses connaissances de terrain l’avaient conduit à la découverte de plusieurs objets néolithiques et des fragments de poterie romaine, qu’il avait patiemment reconstitués et étudiés.

L’histoire était pour lui une passion qu’il partageait volontiers.

Raphaël peut être fier de son grand-père qui, on peut le dire, était un grand Monsieur.